Page en cours de chargement

Translation
 
A l'origine
Développements
Ecoocivisme
Lettre d'information
Pour avoir des nouvelles de ce site, inscrivez-vous à notre Newsletter.
S'abonner
Se désabonner
26 Abonnés
Visites

   visiteurs

   visiteurs en ligne

Préférences

Se reconnecter
---

Votre nom (ou pseudo) :

Votre code secret


 Nombre de membres 3 membres


Connectés :

( personne )
Recherche



logo-2.png
Livre au 08/12/09 - e - Chapitre 2

Chapitre 2 : Les bases

2.1 – Bases d’une « économie sociétale »

Le secteur marchand, par définition, n’a qu’un but: enrichir l’entreprise et ses actionnaires.

L’enrichissement de l’entreprise est censée rendre les salariés plus riches, les retraités plus riches, et même l’État plus riche au travers de la privatisation des services publics !

A ce titre, on justifie la suppression des frontières pour les marchandises et les capitaux, on déréglemente, on dénie aux générations futures le droit à un environnement vivable, on appauvrit les services publics et on les privatise ensuite, on démantèle le droit du travail et les droits sociaux, on justifie la politique des bas salaires et des emplois précaires, on enrichit les détenteurs de capitaux au détriment des travailleurs, et on spécule à tout va… etc…

Mais de quelles richesses parlons-nous ?

Le premier constat est que l’indicateur de richesse, le dieu PIB (voir notes) – lequel n’est pas, et de loin, représentatif du bonheur et de la qualité de vie d’une population – fausse totalement l’analyse que peuvent faire les décideurs.

Il suffit de réfléchir à deux exemples :

  • Une catastrophe (naturelle comme celle de la tempête de 1999) ou artificielle (la pollution de l’Erika) va augmenter le PIB. Les populations sont-elles plus heureuses après ces deux catastrophes ?
  • Pour « faire consommer » les aliments produits; le packaging, la publicité et la distribution ont des budgets trois fois supérieurs aux prix des aliments eux-mêmes.

Le second constat est que l’individu et sa remarquable puissance d’imagination et d’invention, son naturel qui le pousse à se tourner vers les autres lorsqu’on lui en donne les moyens et sous réserve qu’il ne soit pas mis, par le peu de considération porté à son travail, au ban de la société, reste le centre de la préoccupation du sociétalisme mais aussi d’autres philosophies humanistes qui sont malheureusement écrasées par le libéralisme marchand.

Nous pensons que l’État ou accessoirement les collectivités locale ne peuvent et ne doivent que s’occuper de l’enrichissement (en biens réels: et il ne s’agit pas seulement des « biens matériels » mais également des « biens immatériels » c’est-à-dire les services) de la collectivité. Il ne peut être qu’un « donneur d’ordre » (ce qui n’exclue pas un secteur public d’entreprises, tels l’énergie, les transports, la poste, l’éducation, la santé, etc.) et le régulateur dans une société où l’individu doit garder toute liberté d’entreprendre… mais entreprendre pour le bien être de la société en même temps que le sien, et pas seulement pour celui-ci en se moquant des conséquences.

Le troisième constat est que nous vivons, sans nous en rendre encore réellement compte, dans une société d’abondance. Mais que nous continuons à nous comporter comme si demain, d’un seul coup, nous allions revenir à cette société de disette et de pauvreté de biens qui l’a précédé, laquelle pouvait justifier l’accumulation de capital.

Le quatrième constat a trait à l’état du monde, au limites de la croissance et au « développement » durable :

Comme Nicolas Hulot qui écrit dans « Le syndrome du Titanic » :

« Des milliardaires qui occupent les suites de luxe jusqu’aux immigrants entassés en fond de cale, tous sont embarqués dans le même voyage – et pour le même naufrage. Et pourtant, alors que l’iceberg approche et que le bateau devrait dévier de son cap, l’orchestre continue de jouer, les passagers de se distraire, et l’équipage de passer de groupe en groupe afin de rassurer tout le monde »

Nous estimons que quatre impasses principales (l’impasse énergétique, l’impasse climatique, l’impasse alimentaire et l’impasse monétaire), IMPOSENT de modifier d’urgence non seulement notre modèle de développement, mais également notre modèle de civilisation.

2.2 – Quatre questions primordiales

  1. En ce qui concerne la création monétaire : Comment créer et faire circuler une monnaie qui ne soit plus « payante », qui soit la représentation des richesses réelles, tout en permettant la poursuite du progrès et du bien être qu’a permis le crédit pour une partie (limitée) de la population ? (voir notes)
  2. En ce qui concerne les motivations individuelles : Comment offrir le revenu le plus juste qui soit ? Loin de nous l’idée parfois soutenue que l’homme est par nature paresseux. Nous pensons au contraire que s’il ne devait pas se battre chaque jour dans un monde où la compétition est la règle d’or, il pourrait au contraire mieux développer toutes ses facultés dont profiterait la collectivité. Mais, et sans doute pour les quelques générations à venir, il restera parfois des obligations « sociales » pas toujours plaisantes, ou fatiguantes. Alors le revenu, transformable en pouvoir d’achat et de confort, reste pour nous la meilleure des motivations et le moyen le plus juste qu’a la société de remercier ceux qui font, pour le bien de la collectivité, le travail que peu ont envie de faire.
  3. En ce qui concerne les motivations collectives : Comment laisser une planète vivable à nos descendants sans revenir au niveau de « confort » du 19° siécle ? Comment satisfaire néanmoins les besoins immenses d’une majorité des populations terrestres ? Nous pensons que c’est possible.
  4. En ce qui concerne le calcul de la richesse et de la comptabilité nationale : Comment donner une valorisation positive ou négative (qui ne soit pas seulement une « valeur marchande ») aux productions (secteur marchand mais aussi non marchand tels; éducation parentale, associatif, culture, etc.), compte tenu de leurs impacts sociétal et écologique ? Comment ensuite calculer cette valorisation qui n’est plus le PIB, mais un indicateur de « l’Activité » sous toutes ses formes ?

Notes :

- Qu’est ce que le PIB (Produit Intérieur Brut) ?
C’est la somme des valeurs ajoutées de toutes les productions effectuées au cours de l’année.
La « valeur ajoutée » est la différence entre le prix d’achat et le prix de revente (ne pas confondre avec le bénéfice qui est une part de la valeur ajoutée: celle qui reste lorsque tous les frais de la production ont été comptablisés).
En 2000, le PIB français était de 1405 milliards d’euros

Composants du PIB:

  • 758 milliards d’euros : « sociétés » – la valeur ajoutée de la production marchande.
  • 226 milliards d’euros : « administrations » – certaines productions non marchande (des services qui ne sont pas vendus comme: la défense, l’éducation publique ou la justice). La valeur est calculée en fonction des coûts de production principalement constitué par des salaires.
  • 69 milliards d’euros : « ménages » – Production pour compte final propre (valeur du loyer du logement, production du jardin potager familial), y compris les entreprises individuelles et les institutions sans but lucratif au service des ménages.
  • 152 milliards d’euros : « impôts » – Sur les produits nets de subventions.

- L’article 104 du Traité de Maastricht… comment a t’on pu signer cet article ?

  • Il est interdit à la BCE et aux banques centrales des états membres, ci-après dénomées « banques centrales nationales » d’accorder des découverts ou tout autre type de crédit aux institutions ou organes de la Communauté, aux administrations centrales, aux autorités régionales ou locales, aux autres autorités publiques, aux autres organismes ou entreprises publics des Etats membres; l’acquisition directe, auprès d’eux, par la BCE, ou les banques centrales nationales, des instruments de leur dette est également interdite.
  • Le paragraphe 1 ne s’applique pas aux établissements publics de crédit qui, dans le cadre de la mise à disposition de liquidités par les banques centrales, bénéficient, de la part des banques centrales nationales et de la BCE, du même traitement que les établissements privés de crédit.

Note sur le paragraphe 1 : La masse monétaire sert à rémunérer la production nationale, elle est constituée par:

  • Soit le cumul des découverts accordés par la banque centrale, ils sont accordés sans taux d’intérêt. La rémunération est nette. L’État n’est pas endetté.
  • Soit le cumul des emprunts auprès des banques. En ce cas la rémunération de la production nationale est amputée des taux d’intérêt. C’est le système que nous subissons. L’Etat et les citoyens sont artificiellement surendettés (l’endettement représente plus de 6 mois de PIB, soit environ 700 milliards d’euros. Le seul intérêt de la dette représente annuellement 85% du total de l’impôt sur le revenu).
  • Soit par la combinaison des deux systèmes (situation jusqu’en 1973).

L’article 104 a ceci de monstrueux qu’il interdit le premier cas de figure pour imposer le second qui est fondé sur une gigantesque malversation.

Note sur le paragraphe 2 : Il stipule que les établissements publics ayant une fonction bancaire sont soumis au même traitement que les banques privées.

- La création monétaire !
La première chose, c’est qu’il faut rejeter complètement une idée sans doute enfouie au fond de votre esprit lorsque vous allez voir un banquier en disant « j’ai besoin d’un prêt », ou « j’ai besoin d’un découvert ». Cette idée, c’est celle de penser que pour qu’un banquier puisse vous proposer un crédit, il FAUT qu’un épargnant soit passé avant vous à la banque pour y déposer des économies correspondantes au prêt que vous allez demander, et que, quasiment, c’est l’épargne d’un autre que le banquier va vous prêter, en prenant sa commission au passage (l’intérêt)… C’est FAUX, ce n’est pas ainsi que ça se passe.

Ce n’est pas de la monnaie épargnée ou déposée que vous prête un banquier… d’ailleurs, si vous avez la chance d’être plutôt en positif sur votre compte, vous pouvez vous apercevoir que jamais votre banque vous a dit « On a utilisé l’argent que vous aviez en dépot chez nous pour le préter à Monsieur Untel… désolé, votre compte est maintenant à zéro, jusqu’à ce que Monsieur Untel rembourse… »

Il y a une phrase que connaissent bien les économistes (pas tous, hélas), mais qu’oublient très souvent les banquiers (le feraient-ils exprès ?), et qui est « Ce ne sont pas les dépôts qui permettent les crédits, mais ce sont les crédits qui permettent les dépôts ».

Du chinois ? ….


Date de création : 08/12/2009 : 08:25
Dernière modification : 08/12/2009 : 15:39
Catégorie : Livre au 08/12/09
Page lue 4449 fois


Imprimer l'article Imprimer l'article


^ Haut ^